Ayant été largement séduit par l’intervention de l’autrice à la Grande Librairie, j’ai acheté le livre. Et je n’ai pas été déçu. Même s’il est très long (plus de 500 pages) il est passionnant.
Sur la forme il m’a beaucoup inspiré car il reprend un peu les choix que j’ai fait moi-même pour mon roman (là, je me la pète un peu !). Avec des époques différentes, beaucoup de personnages qui interviennent (et qui sont d’ailleurs assez difficiles à repérer tant il y en a), des extraits de carnets, de messages échangés, etc.
Sur le fond, on découvre à la fois une famille assez exceptionnelle ; des personnages qui sont entrés dans l’histoire (Picabia, Marcel Duchamp, René Char, mais surtout les femmes Gabriële, Jeanne, etc.) mais dont j’ignorais largement le rôle pendant la guerre ; et surtout on vit de l’intérieur toute cette période de l’avant-guerre, de l’antisémitisme permanent, des camps de concentration, des retours des déportés, etc.
Au-delà de l’histoire assez rocambolesque mais qui est apparemment basée sur des faits réels (et admirables) j’ai trouvé qu’il s’agissait d’un témoignage bouleversant sur les peurs, les erreurs liées à l’idéalisme, la volonté de se croire intégré à tout jamais, l’ignominie dont les hommes sont capables, etc. Quelques lueurs d’espoir quand on suit le comportement de certains (anonymes ou pas), mais des lueurs d’espoir malgré tout bien timides.
Pas fait pour me rendre moins pessimiste (ce que je suis largement actuellement).
A relire, à offrir, à prêter, sans modération.